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Édition numérique interactive

Sur la voie du Milieu

Poèmes du trouble psychique et du rétablissement

Guillaume Escourolle

Éditions Savoirs Croisés · 2026

Quatorze poèmes, cinq traversées. Une lecture conçue pour l’écran, avec navigation directe, illustrations, notes, glossaire et écoutes musicales associées.

Confort de lecture
Sommaire du recueil

Note d’intention

J’ai voulu transformer l’expérience du trouble psychique et du rétablissement en un territoire poétique. Ce recueil ne cherche pas à exposer de diagnostic ni à proposer un récit clinique. Il donne une forme aux déplacements de l’esprit : accélération, chute, désorganisation, solitude, recherche de sens, retour au lien et quête d’un équilibre possible.

Les mythes, les religions, l’histoire, la science et la satire y cohabitent parce que l’expérience psychique ne se laisse pas enfermer dans un seul langage. Nāga, Sisyphe, Méduse, Minerve, Bouddha, Mahomet, Darwin, Marie Curie, Alfred Nakache ou Van Gogh deviennent des compagnons de traversée. Ils ne composent pas une doctrine : ils ouvrent des passages.

Une section intitulée « Notes, citations et références », ainsi qu’un glossaire, ont été ajoutés à la fin du recueil afin d’éclairer certains termes, allusions et repères culturels, historiques ou spirituels qui traversent les poèmes, tout en préservant la liberté d’interprétation propre à la poésie.

La voie du Milieu n’est ni une destination ni une stabilité définitive. Elle désigne une manière de continuer à vivre entre des extrêmes, d’habiter l’incertitude et de retrouver, au cœur du mouvement, une direction.

Musique et poème

Ce recueil propose une lecture accompagnée : à chaque poème répond une œuvre musicale choisie pour son climat, son rythme, son style, ses thèmes et, lorsqu’elles existent, l’écho de ses paroles. La musique n’illustre pas le texte au sens strict ; elle lui ouvre une chambre d’écoute.

Le lecteur peut écouter le morceau avant, pendant ou après le poème, ou préférer le silence. Cette bande-son reste une invitation, jamais une consigne : elle offre un autre chemin vers les images, les émotions et la signification du texte.

Dans cette édition numérique, le titre de chaque œuvre musicale est un lien YouTube cliquable. Il ouvre la même vidéo que le QR code de l’édition imprimée. La disponibilité d’un morceau peut varier selon le pays ou la plateforme.

« La musique n’illustre pas le texte au sens strict ; elle lui ouvre une chambre d’écoute. »

Parcours musical

La musique accompagne la lecture ; elle ne l’impose jamais.

Avant-propos

Ce livre se lit comme une traversée. Il ne suit pas la chronologie régulière d’une vie, mais la logique mouvante d’une conscience qui descend, se fracture, erre, puis cherche à rejoindre le vivant.

La première partie s’enfonce dans les sables, l’ivresse, le délire et les enfers. La seconde déplace la fracture vers le monde collectif : la foule, le vacarme, la politique, le pouvoir et la dérision. Dans la troisième, le sujet devient errant ; il cherche auprès de la pensée, de la science et de la méditation des formes capables de contenir l’expérience. La quatrième rassemble les gestes de survie, de renaissance, d’amour et de reconstruction. La dernière ouvre enfin la voie du Milieu.

Les poèmes avancent par collisions. Le sacré rencontre le trivial ; la mythologie côtoie le langage populaire ; la méditation se change en voyage spatial ; la souffrance historique se mêle à l’expérience intime. Cette dispersion apparente est l’unité profonde du recueil : lorsque le réel se fragmente, l’imaginaire tente de recoudre ses morceaux.

Le rétablissement n’y apparaît pas comme un retour à l’état antérieur. Il est une création. Il consiste à apprendre les courants, à reconnaître les gouffres, à accepter les détours et à inventer une manière singulière de continuer.

Sommaire

PARTIE 1

La Descente

Lorsque le réel se dérobe, l’esprit cherche encore une rive.

I · La Descente

Sables Mouvants

Citation attribuée au prophète Mahomet :

« La meilleure foi est la patience et la tolérance »

Illustration du poème Sables Mouvants
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

Ramer pour traverser un désert-océan,
Tanguer, au rythme du sablier de Sisyphe1.
Espérer, regretter, en arrière, en avant,
Capitaine solitaire, d’un trop frêle esquif.

Ma souffrante intolérance en silence résonne,
Chaque grain, chaque seconde.
Je ne pouvais plus entendre personne,
La sagesse nage en eaux profondes.

Les apparences paraissent généreuses,
Les cœurs se révèlent souvent avares.
Des caravelles de promesses nébuleuses,
Des paniers de crabes, remplis de trouillards.

Ramer est une entreprise laborieuse,
Dériver, c’est faire confiance au hasard.
Lutter contre le courant de pensées sablonneuses,
Une tempête qui s’essouffle, sur le brouillard.

Sur une canopée de divines dunes,
Un espoir de lumière est apparu.
Une Oasis en Croissant de Lune,
Pour y cultiver paisiblement mon Salut.

Debout, sale et déboussolé,
J’ai trouvé une Maison,
Pour donner un bain parfumé,
À ma vagabonde raison.

I · La Descente

Les Génies Naga et Nagi

Citation attribuée à Nāgārjuna :

« Passions, actes, agents, fruits ressemblent à une ville de génies célestes, et sont pareils à un mirage, à un songe »

Illustration du poème Les Génies Naga et Nagi
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

Le Génie Nāga1 nageait dans l’Armagnac,
L’ivresse le soûlait de sa Fureur,
Il divaguait dans une rivière d’idées maniaques,
Poursuivi par les trompettes du Malheur.

Il serpentait sur le rivage,
Des sornettes y faisaient danse.
Le délire est un voyage,
À dos de licorne en transe.

Il exauçait ses propres vœux, tous azimuts,
Vomissant des propos farfelus,
La Nāgī2 lui joua un air de flûte,
Sur sa beauté, il jeta son dévolu.

Elle réussit à le charmer,
Puis lui donna une bonne trempe,
Il retourna calmement décuver,
Dans l’huile parfumée de sa lampe*.

La sobriété n’est pas un vœu pieux,
Le spiritueux mystifie le spirituel,
L’eau-de-vie a des pouvoirs vertueux,
À zéro degré du réel.

I · La Descente

Une Infernale Comédie

Citation couramment attribuée au Bouddha :

« Rester en colère, c’est comme saisir un charbon ardent avec l’intention de le jeter sur quelqu’un : c’est vous qui vous brûlez. »

Illustration du poème Une Infernale Comédie
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

Je suis tué sur un sillon de rempart,
Par mon jumeau qui se disait mon frère.
Sous ses coups de poignard, sous l’effet de sa colère,
Je suis victime de m’être moqué d’un vantard.

Mon esprit se cristallise en monstre nervi1,
De l’azote liquide2 coule dans mes veines.
Je glace autour de moi tout ce qui vit,
Et congèle le ciel de ma haine.

Je descends et fais face à la Porte de l’Enfer,
Je la défonce férocement du pied.
Plongeant sauvagement dans la rivière3,
J’en ressors Iceberg Bouillonnant, de l’autre côté.

Là m’attend un gardien molosse à trois têtes4,
Je lui ris allègrement au nez,
Je le massacre tel un esthète,
Un carnage qui me remplit de volupté.

Alors je fais face au Propriétaire,
Ma fureur glaciale le fait trembler,
Je crache mon sang à sa figure apeurée,
Ce royaume ne sera plus qu’un éternel hiver.

D’en bas, soudain, je vois mon frère,
Il a bâti une magnifique cité,
Je lui pardonne, et de lui, je suis fier,
Mon âme s’envole s’immoler aux Champs-Élysées5.

PARTIE 2

Les Mondes fracturés

La désorganisation déborde l’individu et gagne les récits, les foules et le pouvoir.

II · Les Mondes fracturés

Le poulailler abandonné

Citation attribuée à Jeanne d’Arc :

« Vivre, c’est du courage et non pas de la crainte »

Citation attribuée à Charles de Gaulle :

« Le désir du privilège et le goût de l’égalité, passions dominantes et contradictoires des Français de toute époque »

Illustration du poème Le poulailler abandonné
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

Au pays des poussins pourris gâtés,
Braillent à l’unisson d’impotents gallinacés.
Les coqs y gueulent et se plaignent avec volupté.
Ils rotent leur Cocorico à odeur de pet1.

Haut-parleurs, bas-écouteurs,
Ils veulent recevoir sans rien donner.
Tout et rien n’affectent ces râleurs,
Tout est bon, rien n’est mauvais, pour pouvoir crâner.

Ils ont la crête fière,
Et souffrent de phrénésie2 collective.
Ils croient avoir la science infuse et l’ont grossière,
Ils ont des pensées confuses et compulsives.

Ils disent ne jamais avoir le temps,
Mais le prennent quand il leur sied3.
Leurs orgueilleuses fèces4 infectent tous leurs aliments,
Mais ils se prétendent des plus fins gourmets.

Ils vomissent à tous vents leur bile.
Ils regardent leur poulailler par le petit bout de la lorgnette5.
Ils inspectent à la loupe leur petit nombril,
Atteints d’astigmatisme et de surdité malhonnêtes.

Les poules vont, viennent et piaillent,
Elles vocifèrent et braillent en cœur de paille6,
Poulets et oies s’engraissent, et dans le gras se noient,
Gavés, ils caneront, délestés de leurs foies.

Les gallinacés bénéficient d’un des meilleurs poulaillers,
Pourtant, ils ne savent pas se soigner,
Ils préfèrent vivre sans penser à la mort,
L’avenir leur réserve un triste sort.

Hémiplégiques du cerveau, leurs cœurs sont piquants et rances,
Ils caressent leurs poussins dans leurs poches.
Angoissés et cloîtrés dans leur caveau de croyances.
Ils creusent déjà leur tombe ; frénétiquement, ils piochent.

Ils exigent que tout change,
Pourvu que rien ne change pour eux-mêmes.
Ils espèrent toujours qu’un poulet hormoné
Viendra les sauver de leurs petits problèmes.


La politique et les sordides faits divers sont les graines du quotidien,
Ils s’en abrutissent pour mieux vociférer.
Les yeux rivés sur le malheur de leurs voisins,
Ils se gargarisent de commentaires et de critiques bornés.

Les gallinacés aiment renifler leur fiente,
Réseaux sociaux, journaux, radio et plateaux télé,
Ils la becquètent, et en redemandent,
En attendant de se faire sonder.

Ils croient qu’une fois avoir voté,
Ils ont fait leur devoir de citoyen.
Le coq est trop fier d’assumer toute responsabilité,
Ils gueulent toute la journée, et ne changent presque rien.

Tout est trop cher quand il s’agit d’acheter.
Rien ne l’est quand il s’agit de vendre.
Il est trop coûteux de vouloir donner,
Il est tellement plus délicieux de pouvoir prendre.

Ils placent leurs éloges comme ils placent leur argent,
Pour qu’ils leur soient rendus avec intérêts.
Ils disent stupides les autres gens,
Un peu moins quand ils leur font don ou prêt.

Les Cygnes persistent et signent,
Regardant le ruisseau encore bien rempli.
Ceux-là tentent de résister à la chienlit,
Mais ils pensent leur avenir à l’étranger.

Les coqs s’égosillent les pieds dans la merde.
Grandes gueules, petits culs,
Quand vous chiez, je ne vous écoute plus.
Veuillez bien fermer vos claques-merde7.

Moi, j’essaie modestement de nettoyer le poulailler.
Je ferme la bouche, les yeux me piquent,
Je me bouche les oreilles et le nez,
Et rêve de m’évader sous les tropiques.

Une caca-phonie et une odeur de France qui révulsent et agacent.
Souffrante et en cruelle déshérence.
Et moi, dans ce vacarme, j’apprends à voir plus clair,
Car sortir de ce poulailler, c’est commencer par se taire.

II · Les Mondes fracturés

Cacaophonie

Hommage à Wolfgang Amadeus Mozart

Poème inspiré du canon de Mozart « Difficile lectu mihi Mars, K. 559 ». Les mots pseudo-latins « lectu mihi Mars » peuvent évoquer, lorsqu’ils sont chantés avec un accent bavarois, l’expression « leck du mich im Arsch » (« lèche-moi le cul »). Mozart utilisait aussi ce registre d’humour scatologique dans ses lettres et dans plusieurs compositions récréatives.

Illustration du poème Cacaophonie
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

Une pluie de merde tombe sur vous,
Ils chiaient la nuit
Ils chiaient le jour
Ils chiaient partout
Ils chiaient toujours1

Une partition de toussoteuses trompettes,
Un bruyant Requiem délétère,
Deux quinteux cagueux2 centripètent,
Et parfument leur jour de colère3.

Cette Tempétueuse Cacaophonie,
Offerte par les deux pétomanes tâcherons4
Leur donna une annale dysphonie5
Et ils perdirent la trace du parfait étron6.

II · Les Mondes fracturés

L’Empereur et le Roi

Citation attribuée à Napoléon :

« Le peuple est le même partout. Quand on dore ses fers, il ne hait pas la servitude »

Citation attribuée à Rama V Chulalongkorn :

« Sois humble et évite le sentiment de vengeance. Être roi ne signifie pas être riche. Cela signifie ne pas intimider les autres »

Illustration du poème L’Empereur et le Roi
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

Sur le fleuve Chao Phraya,
Depuis les rives de la Seine,
Deux hommes ont révolutionné diligemment leurs États,
Et ont porté leurs pays sur le devant de la scène.

L’abeille bourdonnante et butineuse,
L’éléphant majestueux et tranquille,
Le Français se gorge de vanité mielleuse,
Le Thaïlandais n’écrase pas les jonquilles.

Pour l’un, son goût du pouvoir s’est peu à peu corsé,
Pour l’autre, son peuple l’a toujours mis en émoi,
L’un se prenait pour un aigle royal cuirassé,
L’autre était un agile chat siamois.

Il a fait en Europe un terrible ravage,
L’autre a ouvert son pays au monde,
Il a rétabli en son palais l’esclavage,
L’autre l’a aboli sous une rotonde.

Des gants de boucher souillés de sang,
Pour l’autre, entre ses doigts parfumés, un délicat cigare,
Il fit chanter le canon par ses gens,
L’autre leur jouait de la cithare.

L’Empereur est un militaire défait, mais pugnace,
Le Roi, un vainqueur de pacifiques challenges,
L’Empereur traîne son boulet sur la planète Mars1.
Le Roi plane au-dessus de la Cité des Anges2.

PARTIE 3

Les Errants

Sur les routes du savoir et de la contemplation, l’errance devient recherche.

III · Les Errants

Karma Sutra

Vérité Canonique

Leon C. Megginson, paraphrasant Darwin :

« Les espèces qui survivent ne sont pas les plus fortes ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux au changement. »

Paraphrase du Kālāma Sutta :

« Ne vous fiez pas aux traditions, aux récits ou à la seule autorité d’un maître ; lorsque vous savez par vous-mêmes qu’une chose est juste et bénéfique, mettez-la en pratique. »

Illustration du poème Karma Sutra
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

Je pense donc je fuis,
La réalité est une coquille vide.
Sur la sagesse, je m’appuie
Celle qui tous nous préside.

Impermanence et incertitude3,
Souffrance et insatisfaction3.
Non-Soi et Indifférente Attitude3,
Trivalentes Lois de la Raison.

Trois solides convictions,
Le savoir procure bien portance
Les changements requièrent des adaptations4
Savoir-être est une science.

Le Karma est bon ou mauvais,
On récolte ce que l’on sème,
Tordre le fixe rivet,
L’existence est un perpétuel dilemme.

Ceux qui y survivent marchent droit,
Quand on ne comprend pas la mort, la vie reste confuse,
Ceux-là marchent vers le bon endroit,
Et nagent avec d’immortelles méduses.

Charles et Siddhartha sont sur un bateau,
Le bateau coule,
Qui reste-t-il ?
Un vent qui se lève.
Et qui souffle
Sur le Levant.

III · Les Errants

Scientifique Escalade

Marie Curie :

« Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre »

Illustration du poème Scientifique Escalade
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

La réflexion est un laboratoire,
Où les idées entrent en communion.
La théorie n’a pas de pouvoir,
Les expériences y tiennent réunion.

Une Minerve1 en bandoulière,
Avec mon sac de casse-cou,
Je traverse un champ de bruyères
Vers le mont du divin marabout.

Je gravis le savoir, pierre après pierre,
Une escalade de peurs et de doutes,
Je trouve le marabout en prière,
J’ouvre son crâne et aspire le nectar2 au compte-goutte.

La science hulule3 en miroir aux alouettes,
Et combat dans la nuit avec bravoure,
Elle survole une myriade de corps sans tête,
Et leur redonne vie quand vient le jour.

J’ai appris à ne pas croire comprendre,
La vérité n’est qu’un point de vue,
Bien mal en prend à qui veut s’y méprendre,
C’est croire voir avec les yeux cousus.

III · Les Errants

Méditation Astronautique

Citation attribuée à Youri Gagarine :

« En regardant la Terre de loin, on réalise qu’elle est trop petite pour les conflits et juste assez grande pour la coopération. »

Illustration du poème Méditation Astronautique
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

À l’aurore qui pointe le jour,
Je me rends à la grande fusée dorée1.
Le compte est déjà lancé, à rebours,
Pour tous ensemble nous envoler.

J’ai enfilé ma combinaison orange,
Mon casque à visière rouge.
Je marche sereinement, à pas cadencés,
L’esprit ferme et décidé.

Je rentre dans un lumineux vaisseau,
Je m’assois en tailleur parmi l’équipage.
Je respire les molécules d’air, en profonds faisceaux,
Et je ferme les yeux, paré pour le décollage.

Les pensées se bousculent dans ma tête,
Spectateur d’un étourdissant théâtre intersidéral.
Les chants monocordes de l’équipage se répètent,
Ils chassent les nuages de mon esprit sentimental.

D’un trou noir je m’envole vers une lumineuse clarté,
Je plonge dans un océan d’étoiles mouvant.
Je sens mes globes oculaires, dans leurs orbites, vibrer,
Le feu de la Fusée nous propulse au firmament.

Je perçois des explosions de couleurs,
Des déluges d’astres inconnus et de souvenirs enfouis.
Je regarde la Terre de loin et ses vives rougeurs,
Et je constate que la vie est un éternel conflit.

État de plénitude cérébrale et cosmique,
Mon équipage tait son récital purgatoire.
Je redescends sur Terre, j’y resterai laconique,
Et me pose sur la Porte de la Victoire2.

PARTIE 4

Le Retour au vivant

Traverser n’est pas effacer : c’est retrouver du souffle, du lien et une direction.

IV · Le Retour au vivant

Contre mauvaise fortune, bon nageur

En hommage à Alfred Nakache.

Citation attribuée à Alfred Nakache :

« Je ne dois la vie qu’à la volonté de m’en sortir »

Illustration du poème Contre mauvaise fortune, bon nageur
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

Dès mon plus jeune âge,
J’ai appris à nager.
À ne pas avoir la tête dans les nuages,
Et à faire attention aux étrangers.

Vint le jour où…

Je suis devenu étranger en mon pays**,
Condamné à passer le Kärcher,
Près d’un Volcan Mangeur de Chair.
On m’a interné à Pompéi1.

Noyé dans une rivière de sang, brûlé vif,
J’ai plongé au fin fond de l’Horreur.
Il me fallut subir et prendre tarif,
J’étais avachi dans ma torpeur.

Les fours brûlaient lentement ma douleur,
Mes cendres retournèrent à la terre,
Les cheminées crachaient leurs terreurs,
Mes fumées montèrent toucher le Ciel.

Parachuté dans une nouvelle existence,
Je me suis construit une piscine,
Bleue Ciel et Blanche2 Persévérance,
Avec une étoile2 pour prendre racine.

Inspirer pour mieux expirer,
Je n’use pas ma salive avec les xénophobes.
À nouveau je me sens respirer,
Au Pays des Enfants de Jacob3.

Je ne me suis jamais arrêté de nager,
Je souris face au mur de mes lamentations4.
Au fin fond d’un abysse, j’ai trouvé,
Le Chandelier2 de la Fortune Raison.

IV · Le Retour au vivant

Le Phénix et la Méduse

Guillaume Escourolle* :

« On ne peut pas arrêter les vagues. On peut apprendre à y résister, les traverser, y surfer ou s’envoler. »

Illustration du poème Le Phénix et la Méduse
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

Nous étions pris dans un tourbillon de flots.
Tantôt en leurs creux,
La tête dans les algues,
Tantôt en leurs crêtes,
Le soleil dans les yeux.

Notre radeau1 a échoué sur un banc de sable.
Ma tendre chair, on l’a dévorée.
Je croyais que ce n’était qu’une fable,
L’enfer est devenu ma réalité.

L’océan berce doucement mon âme,
Le temps efface ses écumes,
Noyé dans le silence de mes larmes,
Pétrifié par une lame de bitume2.

J’ai tranché la tête ovale de la Méduse2.
Et je l’ai emportée sous mon bras,
J’ai souri à une tendre Vénus3,
Qui m’a abreuvé de son aura.

Libéré de ce puissant charme,
J’ai choisi de courir, tête en main, en mer franche.
De défier les tempêtes marines, délesté de toutes mes armes,
J’ai du pain spirituel sur la planche.

Tout bon défenseur sait résister aux vagues,
Et ne les laisse pas le renverser.
Tel un Phénix, je m’envole et dague5
L’essentiel est de continuer à avancer.

IV · Le Retour au vivant

Ahmad et Myriam

Vincent van Gogh :

« Le cœur de l’homme est comme la mer : il a ses tempêtes, ses marées et ses profondeurs ; il a aussi ses perles. »

« J’ai un besoin terrible de religion. Alors, je vais la nuit, dehors, pour peindre les étoiles. »

Illustration du poème Ahmad et Myriam
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

Des tourbillons de galaxies dans un ciel qui bleuoie,
Un halo de lune et d’étoiles filantes qui jaunoient1

Des rouleaux de vagues et de vents soufflants,
Un zénith de soleil sur un champ de tournesols oscillants1.

Ahmad et Myriam volent sur un tapis volant2,
Enchanteuse verte aux mains guérisseuses,
Magicien rose, lanceur de vers envoûtants,
Ils planent au-dessus de peintures lumineuses.

Sur une mer d’huile, ils déposent leurs majestueux pinceaux,
Son Sceptre de citron, sa Baguette de Sureau,
Démissionnant ambassadeurs de pays Jaune et Bleu,
Pour s’autoriser un doux mélange diplomatique amoureux.

Perle de Nacre, Couleur Acajou,
Dans une lampe se trouve un trésor3,
Court sous un soleil rose amadou4,
Un cheval argenté chevauché par un Queue-d’or5.

IV · Le Retour au vivant

Jardin d’Amour Céleste

Yasmine Ambiguo :

« Cultive en ton for intérieur un jardin parfumé comme point de départ »

Illustration du poème Jardin d’Amour Céleste
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

De Carthage à Babylone,
En guerres puniques à l’infini,
Tant de carnages pour une madone,
Je m’enfuis en Micromanie.

J’y construis un Palais Kabyle,
Protégé par des murs de nacre.
Mon esprit demeure volubile1,
Mon entreprise est un simulacre.

Implorant la Reine2 de me donner de l’eau,
Un tremblement de terre déversa ses flots.
Une pluie de perles embaumantes creva ma ruelle,
Je ne sentais plus mes mains et regardai vers le Ciel.

Un jardin suspendu au-dessus des nuages,
Inondé de verdure et de couleurs,
Amour et désir ne font pas bon ménage,
Seulement l’un des deux se donne avec des fleurs.

Un tapis de fraîcheur sur une sublime plage,
Fraisiers et cerisiers en ce lieu sont légion.
Porté par sa grâce et son céleste courage,
Le tendre cœur de la Reine aiguise ma raison,

La Reine dit qu’aimer n’a pas de devise,
Drapée de lys bleus et jaunes,
Au milieu des fraises et des cerises,
Ma Reine partage avec moi sa couronne.

PARTIE 5

La Voie du Milieu

Ni sommet ni abîme : un équilibre vivant, fragile et sans cesse recommencé.

V · La Voie du Milieu

Sur la voie du Milieu

Dhammapada, verset 63 :

« L’insensé qui sait qu’il est insensé est, en cela, sage.

Mais l’insensé qui se croit sage est vraiment fou. »

Illustration du poème Sur la voie du Milieu
Illustration conçue par l’auteur avec assistance d’IA

Chercher la stabilité est un éternel voyage,
Roulant au milieu de poids lourds, à vive allure,
Sur une autoroute pavée de mirages,
Avant de tomber dans une mer obscure.

Je me suis échoué, de l’autre côté du rivage,
En attendant de comprendre mes blessures.
Plus personne n’entendait mon ramage,
Je n’avais même plus de figure.

Voler là-haut, brûler ses ailes,
Plonger plus bas, jusqu’aux tréfonds de la mer,
Ma raison, errante, n’avait plus de nid,
Mes émotions, hurlantes, m’étouffaient de leurs cris.

Un voyage en forme de prises de conscience,
Survolant des réalités superficielles,
Où le soleil sourit par intermittence
Et où la Lune, en scintillant, tutoie le ciel,
Rampant dans les enfers pour seule récompense,
Ayant voulu aimer un paradis artificiel.

Prendre la terre à témoin1,
Regarder par la voie du Milieu,
J’ai trouvé le moyen,
De me sentir heureux.

Je n’ai plus besoin de rêver,
La vie est une belle illusion,
J’observe ce tourbillon avant d’aller me coucher,
Et d’être en paix pour de bon.

Épilogue · Habiter le Milieu

La voie du Milieu n’est pas la fin du voyage. Elle n’abolit ni les vagues, ni le sable, ni les voix qui se bousculent. Elle désigne une manière de se tenir au milieu d’eux, de les reconnaître sans leur appartenir entièrement.

Le rétablissement n’est pas une ligne droite. Il avance par reprises, détours, chutes et réajustements. Parfois il ressemble à une nage ; parfois à une ascension ; parfois au simple geste de rester assis et de respirer jusqu’à ce que le vacarme perde un peu de sa force.

Ce qui revient au vivant n’est pas l’être d’avant. C’est un être traversé, plus attentif aux courants et aux mirages, capable de demander une rive, d’accueillir une main, ou de choisir seul une direction.

Le voyage continue. Entre le soleil et la lune, entre l’enfer et le ciel, un chemin demeure visible.

Notes, citations et références

Les repères de lecture synthétisent les images dominantes. Les notices qui suivent présentent les citations, les biographies et les références mobilisées dans le recueil. Les épigraphes dont la source primaire n’a pas pu être établie sont signalées comme des citations attribuées.

Sables Mouvants ↩ Retour au poème

Repère de lecture — Le désert et l’océan composent une même image de dérive psychique et existentielle.

1 Sisyphe : roi mythique de Corinthe, célèbre dans la tradition grecque pour sa ruse et sa volonté de défier les dieux.

Condamné dans les Enfers, il doit pousser éternellement un rocher qui retombe avant d’atteindre le sommet.

Les Génies Naga et Nagi ↩ Retour au poème

Repère de lecture — Le délire et l’ivresse sont traités comme des métaphores de la désorganisation psychique.

Nāgārjuna est un moine et philosophe bouddhiste indien, généralement situé entre les IIe et IIIe siècles.

Il est l’une des figures majeures de l’école madhyamaka, souvent traduite par « voie du Milieu ».

La tradition rapporte qu’il aurait reçu des enseignements dans le monde des nāga, divinités serpentiformes liées notamment à l’eau.

Ces récits traditionnels rapprochent ainsi son nom de celui des nāga.

1 Nāga : créature serpentiforme des traditions bouddhistes et hindoues, associée à l’eau ; forme masculine.

2 Nāgī : forme féminine de nāga.

* Génie et lampe : évocation du conte d’Aladin dans Les Mille et Une Nuits.

Une Infernale Comédie ↩ Retour au poème

Référence initiale : mythe de Romulus et Rémus. Selon la légende, Romulus tue son frère après que celui-ci a franchi par défi le sillon délimitant la future ville de Rome.

Référence à La Divine Comédie de Dante Alighieri, et plus particulièrement à sa traversée de l’Enfer.

1 Nervi : homme de main ou tueur à gages.

2 Azote liquide : liquide dont la température d’ébullition est d’environ −196 °C à pression atmosphérique normale.

3 Rivière : évocation du Styx, fleuve marquant la frontière du monde souterrain dans la mythologie grecque.

4 Molosse à trois têtes : Cerbère, chien monstrueux gardant l’entrée des Enfers dans la mythologie grecque.

5 Champs-Élysées : dans la mythologie grecque, séjour bienheureux réservé aux héros et aux âmes vertueuses après leur mort.

Le poulailler abandonné ↩ Retour au poème

Repère de lecture — Le « poulailler » représente une société bruyante, anxieuse et contradictoire.

Repère de lecture — Le poème prend la forme d’une satire des comportements collectifs contemporains.

Jeanne d’Arc (vers 1412-1431) : figure militaire de la guerre de Cent Ans, condamnée et exécutée à Rouen, puis réhabilitée à titre posthume.

Charles de Gaulle (1890-1970) : général, chef de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale et président de la République française de 1959 à 1969.

1 Rot à odeur de pet : éructation accompagnée d’une odeur soufrée rappelant l’œuf pourri.

2 Phrénésie : graphie ancienne de « frénésie », employée ici pour désigner une agitation collective violente.

3 Sied : forme du verbe « seoir », signifiant « convenir » ou « aller à quelqu’un ».

4 Fèces : matières fécales.

5 Regarder par le petit bout de la lorgnette : considérer une situation sous un angle étroit, en grossissant un détail au détriment de l’essentiel.

6 Cœur de paille : nom d’un fromage, utilisé ici comme image satirique.

7 Claque-merde : terme argotique désignant la bouche.

Cacaophonie ↩ Retour au poème

Le poème s’inspire du canon de Mozart Difficile lectu mihi Mars, K. 559. Les mots pseudo-latins « lectu mihi Mars » peuvent évoquer, lorsqu’ils sont chantés avec un accent bavarois, l’expression allemande « leck du mich im Arsch » (« lèche-moi le cul »).

Leck mich im Arsch, K. 231, proposé comme écoute associée, est un autre canon scatologique. Mozart utilisait également ce registre d’humour dans plusieurs lettres et compositions récréatives.

1 Reprise de répliques du film « C’est arrivé près de chez vous », de et avec Benoît Poelvoorde.

2 Cagueux : Du verbe caguer, celui qui défèque.

3 Jour de colère : évocation du Dies irae, séquence latine médiévale intégrée pendant des siècles à la messe des morts et mise en musique dans de nombreux requiem, dont celui de Mozart.

4 Tâcheron : Personne qui travaille beaucoup, avec application mais sans initiative, et accomplit des tâches peu importantes.

5 Dysphonie : Trouble de la voix avec altération de la qualité, de la hauteur, de l’intensité ou de l’effort vocal.

6 Étron : excrément moulé.

L’Empereur et le Roi ↩ Retour au poème

Repère de lecture — Le poème oppose la domination militaire à la réforme pacifique.

Repère de lecture — Napoléon Bonaparte et Rama V Chulalongkorn y forment deux figures contrastées du pouvoir.

1 Mars : évocation à la fois de la planète rouge et du dieu romain de la guerre.

2 Cité des Anges : Krung Thep, « Cité des Anges », est le nom thaï couramment donné à Bangkok.

Karma Sutra ↩ Retour au poème

Repère de lecture — Le poème met en dialogue l’évolution selon Charles Darwin et la pensée attribuée à Siddhartha Gautama.

Charles Darwin (1809-1882) : naturaliste britannique dont les travaux ont profondément renouvelé la compréhension de l’évolution des espèces.

Épigraphe : la formulation sur l’adaptation est une paraphrase publiée en 1963 par Leon C. Megginson, et non une citation directe de Darwin.

Siddhartha Gautama : personnage historique à l’origine du bouddhisme, né selon la tradition à Lumbini et élevé dans la région de Kapilavastu.

Il aurait vécu entre les VIe et Ve siècles av. J.-C.

Les récits traditionnels racontent qu’il découvrit successivement la vieillesse, la maladie, la mort et la vie ascétique.

Il renonça alors à la vie princière pour mener une quête spirituelle et ascétique.

Son enseignement donna naissance à une communauté monastique et aux traditions bouddhistes.

1 Karma : कर्म, terme sanskrit signifiant « acte » ou « action ».

2 Sūtra : सूत्र, terme sanskrit désignant un aphorisme ou un texte d’enseignement.

3 Anicca : impermanence ; dukkha : souffrance ou insatisfaction ;

anattā : absence de soi permanent. Ces trois termes sont issus du pāli.

4 Évocation de la théorie de l’évolution et de l’adaptation au changement.

Scientifique Escalade ↩ Retour au poème

Repère de lecture — Le savoir y apparaît comme une ascension difficile, expérimentale et inachevée.

1 Minerve (latin : Minerva) est, dans la mythologie romaine, une déesse associée à la sagesse, à l’intelligence, aux arts et aux techniques.

2 Nectar : breuvage des dieux. Selon le mythe, Jupiter avale Métis alors qu’elle est enceinte ; pris ensuite d’un violent mal de tête, il fait ouvrir son crâne, d’où Minerve surgit adulte, casquée et armée.

3 La chouette, attribut de Minerve, symbolise traditionnellement la sagesse.

Méditation Astronautique ↩ Retour au poème

Repère de lecture — Le voyage spatial agit comme une métaphore de l’expérience méditative.

1 Grande Fusée Dorée : évocation du Pha That Luang, grand stupa doré de Vientiane. Le monument actuel date principalement du XVIe siècle, sur un site auquel la tradition attribue des origines plus anciennes.

Considéré comme l’un des monuments les plus sacrés du Laos, il abriterait selon la tradition une relique du Bouddha.

2 Porte de la Victoire : le Patuxai, monument du centre de Vientiane dédié aux combattants de l’indépendance du Laos. Son architecture associe la forme d’un arc de triomphe à des motifs laotiens.

Contre mauvaise fortune, bon nageur ↩ Retour au poème

Repère de lecture — Le poème aborde la survie psychique après les traumatismes extrêmes.

Alfred Nakache (1915-1983) est un nageur et joueur de water-polo français, champion et recordman du monde. Juif, il est déporté avec son épouse Paule et leur fille Annie à Auschwitz en janvier 1944. Seul survivant de sa famille, il effectue pendant sa détention des longueurs dans le bassin d’Auschwitz III-Monowitz, survit à la marche de la mort et reprend ensuite la compétition, jusqu’aux Jeux olympiques de Londres en 1948.

** Le 7 octobre 1940, le régime de Vichy abroge le décret Crémieux : les Juifs d’Algérie sont privés de la citoyenneté française.

1 Pompéi : ville romaine ensevelie sous les cendres et les pierres ponces lors de l’éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C.

2 Bleu, blanc, étoile et chandelier : évocations des couleurs du drapeau d’Israël, de l’étoile de David et de la menorah.

3 Jacob : personnage de la Bible et du Coran. Dans la Genèse, il reçoit le nom d’Israël après sa lutte avec un être mystérieux traditionnellement identifié à un ange.

4 Mur occidental, couramment appelé Mur des Lamentations : vestige du mur de soutènement de l’esplanade du Temple à Jérusalem, lieu majeur de prière et de recueillement du judaïsme.

Le Phénix et la Méduse ↩ Retour au poème

* Auteur du recueil.

1 Radeau : référence au Radeau de la Méduse de Théodore Géricault, peint entre 1818 et 1819. L’œuvre représente les survivants du naufrage de la frégate Méduse, échouée en 1816 au large de l’actuelle Mauritanie. Environ 147 personnes furent abandonnées sur un radeau de fortune ; quinze étaient encore vivantes lors du sauvetage par l’Argus.

2 Pétrifié, Méduse, trancher la tête : référence au mythe grec de la Gorgone Méduse, dont le regard pétrifie ceux qui le croisent et dont la chevelure est faite de serpents.

Après l’avoir décapitée, Persée remet sa tête à Athéna, qui la fixe sur son égide.

3 Vénus : déesse romaine de l’amour, assimilée à l’Aphrodite grecque.

4 Phénix : oiseau mythique doté d’une grande longévité et capable de renaître de ses cendres ; il symbolise un cycle de mort et de résurrection.

5 Dague : du verbe daguer. Terme de fauconnerie signifiant voler de toutes ses forces.

Ahmad et Myriam ↩ Retour au poème

Épigraphes : Vincent van Gogh, lettres à Theo van Gogh du 31 octobre 1876 et du 28 septembre 1888.

1 Référence à deux ensembles picturaux de Vincent van Gogh : La Nuit étoilée (1889) et Les Tournesols (1888-1889).

2 Référence au conte « Aladin ou la Lampe merveilleuse », intégré aux éditions modernes des Mille et Une Nuits.

3 Évocation du génie de la lampe dans le conte d’Aladin.

4 Amadou : matière inflammable ; le vers joue également sur les sonorités d’« amour » et d’« amadouer ».

5 Queue-d’or : expression poétique désignant ici un cavalier richement paré.

Jardin d’Amour Céleste ↩ Retour au poème

Repère de lecture — Le jardin représente un espace intérieur de reconstruction.

Yasmine Ambiguo : contemporaine, étudiante polyglotte, amoureuse du jaune.

1 Volubile : du latin volubilis, « qui tourne ». Le mot se dit d’une plante qui s’enroule autour d’un support et, au sens figuré, d’une personne qui parle avec facilité et abondance.

Le vers joue également sur le nom de Volubilis, cité antique située dans l’actuel Maroc.

Fondée au IIIe siècle av. J.-C., Volubilis devint une cité importante du royaume de Maurétanie.

2 Tanit : divinité punique majeure de Carthage, associée notamment à la protection, à la fertilité et à la guerre.

Sur la voie du Milieu ↩ Retour au poème

Épigraphe : Dhammapada, verset 63.

Repère de lecture — La voie du Milieu représente ici la recherche d’un équilibre psychique.

Repère de lecture — La voie médiane bouddhique nourrit la métaphore du rétablissement.

Repère de lecture — Le voyage devient moins une destination qu’une manière de se tenir dans le mouvement.

1 Prendre la terre à témoin : dans l’iconographie bouddhique, le Bouddha assis en méditation touche le sol de la main droite. Ce geste, appelé bhūmisparśa mudrā, prend la Terre à témoin de son éveil face aux assauts de Māra.

Sources principales

Darwin Correspondence Project, « The evolution of a misquotation ».

Fondation internationale Mozarteum, Köchel-Verzeichnis : K. 559, Difficile lectu mihi Mars, et K. 231, Leck mich im Arsch.

Vincent van Gogh, lettres à Theo van Gogh du 31 octobre 1876 et du 28 septembre 1888, Vincent van Gogh: The Letters.

Mémorial de la Shoah, Alfred Nakache, « le nageur d’Auschwitz ».

Parc archéologique de Pompéi, histoire de l’éruption de 79 apr. J.-C.

Glossaire poétique

Ce glossaire rassemble uniquement des mots, figures ou lieux présents dans les titres et les vers du recueil.

A

Acajou — Bois précieux aux teintes brun-rouge profondes. Dans le texte : Ahmad et Myriam

Amadou — Matière inflammable évoquant aussi la douceur et l’amour. Dans le texte : Ahmad et Myriam

Armagnac — Eau-de-vie symbolisant l’ivresse et le feu intérieur. Dans le texte : Les Génies Naga et Nagi

Aura — Rayonnement symbolique ou spirituel. Dans le texte : Le Phénix et la Méduse

B

Babylone — Cité antique symbole de grandeur et de confusion. Dans le texte : Jardin d’Amour Céleste

Bitume — Matière noire évoquant la dureté urbaine. Dans le texte : Le Phénix et la Méduse

Bouillonnant — Qui déborde d’énergie ou d’émotions. Dans le texte : Une Infernale Comédie

Bruyères — Plantes sauvages associées à la solitude. Dans le texte : Scientifique Escalade

C

Caner — Terme familier signifiant mourir. Dans le texte : Le poulailler abandonné

Caravelle — Navire d’exploration et de traversée. Dans le texte : Sables Mouvants

Carthage — Grande cité antique d’Afrique du Nord. Dans le texte : Jardin d’Amour Céleste

Céleste — Relatif au ciel ou au spirituel. Dans le texte : Jardin d’Amour Céleste

Centripéter — Néologisme évoquant un mouvement ramenant vers un centre. Dans le texte : Cacaophonie

Chao Phraya — Grand fleuve traversant Bangkok. Dans le texte : L’Empereur et le Roi

Claque-merde — Terme argotique désignant la bouche. Dans le texte : Le poulailler abandonné

Cithare — Instrument ancien à cordes pincées. Dans le texte : L’Empereur et le Roi

D

Daguer — Voler de toutes ses forces. Dans le texte : Le Phénix et la Méduse

Déshérence — État d’abandon ou de perte de repères. Dans le texte : Le poulailler abandonné

Délétère — Nuisible ou dangereux. Dans le texte : Cacaophonie

E

Égosiller — Crier jusqu’à s’abîmer la voix. Dans le texte : Le poulailler abandonné

Embaumant — Qui diffuse un parfum enveloppant. Dans le texte : Jardin d’Amour Céleste

Esquif — Petite embarcation fragile. Dans le texte : Sables Mouvants

Esthète — Personne sensible à la beauté. Dans le texte : Une Infernale Comédie

Étron — Excrément moulé utilisé dans une esthétique satirique. Dans le texte : Cacaophonie

F

Fèces — Matières fécales. Dans le texte : Le poulailler abandonné

Firmament — Voûte céleste. Dans le texte : Méditation Astronautique

G

Gallinacés — Famille des poules et des coqs. Dans le texte : Le poulailler abandonné

K

Kabyle — Relatif à la Kabylie. Dans le texte : Jardin d’Amour Céleste

Karma — Terme sanskrit signifiant « acte ». Dans le texte : Karma Sutra

Kärcher — Marque d’appareils de nettoyage, employée ici comme métaphore d’une purification brutale. Dans le texte : Contre mauvaise fortune, bon nageur

L

Laconique — Qui parle très peu. Dans le texte : Méditation Astronautique

Licorne — Créature mythique symbolisant le merveilleux. Dans le texte : Les Génies Naga et Nagi

Lorgnette — Petit instrument d’optique. Dans le texte : Le poulailler abandonné

Lys — Fleur associée à la pureté et au sacré. Dans le texte : Jardin d’Amour Céleste

M

Madone — Figure féminine sacrée ou idéalisée. Dans le texte : Jardin d’Amour Céleste

Marabout — Guide spirituel. Dans le texte : Scientifique Escalade

Méduse — Créature pétrifiant par le regard. Dans le texte : Le Phénix et la Méduse

Minerve — Déesse romaine de la sagesse. Dans le texte : Scientifique Escalade

Myriade — Très grande quantité. Dans le texte : Scientifique Escalade

N

Nāga / Nāgī — Créatures serpentiformes du bouddhisme. Dans le texte : Les Génies Naga et Nagi

Nacre — Substance brillante des coquillages. Dans le texte : Ahmad et Myriam · Jardin d’Amour Céleste

Nectar — Boisson des dieux. Dans le texte : Scientifique Escalade

P

Pétrifié — Figé par la peur. Dans le texte : Le Phénix et la Méduse

Pétomane — Artiste produisant volontairement des pets comiques. Dans le texte : Cacaophonie

Phrénésie — Graphie ancienne de « frénésie » ; agitation violente. Dans le texte : Le poulailler abandonné

Phénix — Oiseau renaissant de ses cendres. Dans le texte : Le Phénix et la Méduse

Plénitude — État d’harmonie intérieure. Dans le texte : Méditation Astronautique

Pugnace — Qui lutte avec ténacité. Dans le texte : L’Empereur et le Roi

Q

Queue-d’or — Expression poétique désignant un cavalier richement paré. Dans le texte : Ahmad et Myriam

Quinteux — Sujet à des quintes, notamment de toux ; par extension, irritable. Dans le texte : Cacaophonie

R

Ramage — Voix ou chant d’un oiseau. Dans le texte : Sur la voie du Milieu

Rivet — Symbole d’attachement rigide. Dans le texte : Karma Sutra

S

Se gargariser — Se complaire avec suffisance dans des paroles ou des idées. Dans le texte : Le poulailler abandonné

Siddhartha — Nom originel du Bouddha historique. Dans le texte : Karma Sutra

Sied — Convient harmonieusement. Dans le texte : Le poulailler abandonné

Sillon — Trace creusée dans la terre. Dans le texte : Une Infernale Comédie

Sisyphe — Figure de la tâche éternellement recommencée. Dans le texte : Sables Mouvants

Spiritueux — Boisson alcoolisée forte. Dans le texte : Les Génies Naga et Nagi

Sureau — Arbuste associé à la guérison et à la magie. Dans le texte : Ahmad et Myriam

Sūtra — Aphorisme ou texte d’enseignement de tradition indienne.

T

Tanguer — Balancer sous l’effet des vagues. Dans le texte : Sables Mouvants

Torpeur — État d’engourdissement. Dans le texte : Contre mauvaise fortune, bon nageur

Transe — État modifié de conscience. Dans le texte : Les Génies Naga et Nagi

V

Vantard — Personne se glorifiant excessivement. Dans le texte : Une Infernale Comédie

Vociférer — Hurler avec agressivité. Dans le texte : Le poulailler abandonné

Volubile — Qui parle abondamment. Dans le texte : Jardin d’Amour Céleste

Volupté — Plaisir intense. Dans le texte : Une Infernale Comédie · Le poulailler abandonné

Z

Zénith — Point le plus haut du ciel. Dans le texte : Ahmad et Myriam